Monsieur le préfet : incarner l'État dans la France du XIXe siècle / Pierre Karila-Cohen

Auteur principal:
Karila-Cohen, Pierre, 1972-...., Auteur
Édition :
Ceyzérieu : Champ Vallon : DL 2021
Description :
1 vol. (366 p.) : couv. ill; en coul., ill. ; 24 cm
Collection :
Époques
ISBN :
979-10-267-0973-2; br. Sudoc
Langue :
français
Sujets :
Préfets -- France -- 19e siècle
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Prêt ouvrages Bibliothèque de Sciences Po Lyon
Niveau 1
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Bibliogr. p. 351-[361]. Notes bibliogr. Index

Texte remanié de Habilitation à diriger des recherches Histoire contemporaine Paris 1 2014 La masse et la plume : essai sur le charisme préfectoral dans la France du XIXe siècle

L'image traditionnelle que l'on se fait de l'autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d'une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire doté d'immenses pouvoirs, véritable "empereur au petit pied". En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par les Français, en premier lieu par les élites départementales, a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d'enraciner le régime qu'ils servaient et, au-delà, de faire accepter l'Etat aux populations. Il s'agissait pour eux de "gagner les sympathies" et de pratiquer "l'art de plaire" pour imposer leur autorité et celle du gouvernement. A rebours des clichés sur les préfets "pachas" du XIXe siècle, ce livre entend analyser ce travail de conquête négligé par l'historiographie. Fondé sur le dépouillement de dizaines de dossiers de carrière, la lecture de Mémoires et de correspondances, celle, aussi, de la volumineuse littérature contemporaine consacrée à "Monsieur le Préfet", cet ouvrage dissèque la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d'une incarnation de l'Etat, ou encore le bal de la préfecture, moyen de séduction et de gouvernement. Il établit comment l'art de représenter a pu faire et défaire des carrières, réservant aux figures "agréables" et aux plus sociables des administrateurs les postes les plus en vue. Il montre aussi comment la littérature et le théâtre ont su démonter point par point les constructions étatiques du rôle préfectoral, fait de modération et de séduction. Enfin, il éclaire la popularité réelle que certains préfets ou sous-préfets du XIXe siècle ont su acquérir, déclenchant alors de véritables manifestations au moment de leur départ du département ou de l'arrondissement 4e de couverture